Le secrétaire général du parti majoritaire, Xavier Bertrand, appelle à faire campagne en défendant le bilan du gouvernement.
L'UMP a investi samedi lors d'un conseil national ses têtes de liste pour les élections régionales de mars avec l'espoir que l'unité du camp majoritaire lui permettra d'éviter une défaite comparable à celle du précédent scrutin de 2004.
Le Premier ministre François Fillon comme le secrétaire général de la formation, Xavier Bertrand, ont appelé à cette occasion les candidats à mener campagne pas seulement sur des thèmes régionaux mais aussi et surtout nationaux et à défendre le bilan du gouvernement.
Accusant par avance l'opposition socialiste de vouloir "instrumentaliser cette élection" contre la politique de réformes de Nicolas Sarkozy, François Fillon a déclaré : "Nous devons assumer notre bilan, nous devons assumer nos convictions, nous devons incarner le changement contre le conservatisme".
"Il ne faut pas laisser au Parti socialiste le pouvoir de faire croire aux électeurs que ses élus régionaux sont sans liens avec les incohérences et les divisions de la rue de Solferino", a-t-il ajouté dans une allusion aux querelles entre dirigeants du PS.
N'ayant conservé au précédent scrutin de 2004 que deux présidences de région sur 24 en France métropolitaine, l'UMP a choisi comme slogan pour l'élection à venir "La France change, ma région doit changer aussi".
Il repose sur la "conviction qu'ont les Français que, depuis 2007, la France est en train de changer alors que dans nos régions les choses ne changent pas", a dit Xavier Bertrand.
Prudent, le secrétaire général de l'UMP comme les autres dirigeants de la formation refusent de se fixer quelque objectif de reconquête de régions.
"Nous savons que les élections intermédiaires sont, par nature, difficiles pour la majorité", a dit Xavier Bertrand dans une interview au Figaro. Dans ces conditions, "chaque région gagnée constituera une victoire et j'ai le sentiment que nous connaîtrons plusieurs victoires", a-t-il ajouté.
RABIBOCHAGES ET TRACTATIONS
Le secrétaire général de l'UMP veut croire que la situation actuelle est comparable à celle qui prévalait à la même époque l'an passé "quand tout le monde pronostiquait une défaite" de la droite aux européennes de juin dernier. L'UMP était finalement arrivée largement en tête d'un scrutin toutefois limité à un seul tour.
Les derniers sondages lui attribuent pour le premier tour des régionales un score proche de celui des européennes (27,8%) mais font état aussi d'un rapport des forces qui lui est largement défavorable pour le second, l'unité réalisée entre le parti majoritaire et ses alliés ayant pour inconvénient d'amoindrir fortement ses réserves de voix.
Il espère que cette unité créera une dynamique à même de le faire progresser encore au deuxième tour face à des socialistes qui devront composer, dans les 20 régions qu'ils président à ce jour, avec des alliés verts très ambitieux depuis leur score élevé des européennes.
"Dès le soir au 14 mars, la gauche se livrera au spectacle des rabibochages et des tractations (...) c'est un obstacle que nous n'aurons pas à franchir", a pronostiqué François Fillon.
Sachant que le choix des têtes de liste n'a pas fait que des heureux et que des litiges restent à régler pour les places d'éligibles dans certains départements, il a invité "tout le monde à se plier aux décisions prises". "Il faudra mettre de côté les intérêts personnels et les sensibilités partisanes, aussi légitimes soient-elles", a-t-il dit.